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06 juillet 2023

La ressource en eau est en train de se raréfier, ça ne fait aucun doute

Publié par Grégoire ANTOINE (TBS Education 2005) | N° 105 - Entreprises et sobriété

La ressource en eau est en train de se raréfier, ça ne fait aucun doute 

 

Valérie LANCOU [TBS Education 2013]

Communicante pour l’eau du Grand Sud-Ouest - Agence de l’eau Adour-Garonne

 

Interview réalisée en janvier 2023

Est-ce que vous pouvez vous présenter, dans votre rôle aujourd'hui ?

Je suis chargée de communication et coordinatrice du pôle communication digitale, de l’expertise et territoriale à l’agence de l’eau Adour-Garonne. En tant qu’établissement public de l’Etat, nous gérons la politique de l'eau dans le Grand Sud-Ouest, cela représente un peu plus de 20% du territoire français.

 

C’est une organisation décentralisée et à l’aide de notre programme d’intervention nous accompagnons les acteurs du territoire dans une gestion équilibrée de l’eau et la préservation des milieux aquatiques. Nous avons également un rôle d’animation et sensibilisation aux enjeux de l’eau auprès d’un large public. Le changement climatique et son adaptation ont renforcé cette nécessité.

 

 

Quel type de mesure vous semble le plus efficace dans cette gestion délicate de la ressource en eau ?

 

L’Agence accompagne techniquement et financièrement les projets. L’incitation financière grâce aux aides est un levier majeur d’actions, les coups de pouces avec des taux majorés par exemple fonctionnent bien, mais parfois, dans certaines situations, les directives et lois sont indispensables pour faire évoluer les choses.

 

L’enjeu essentiel, avec la raréfaction de la ressource, c’est la gestion des usages

 

La sécheresse de 2022 a marqué les esprits. C’est une source d’enseignement pour anticiper une nouvelle tension sur la ressource. Nous sommes tous concernés, les « particuliers » ont également un rôle à jouer dans la préservation de l’eau, mais les leviers sont différents, nous sommes davantage concentrés sur des conseils de pratique, d’adaptation, de comportement.

Justement, quels types de conseils pratiques, vous prodiguez ?

 

Notre approche est double : nous nous soucions de la quantité d’eau disponible sur le territoire, mais également de la qualité de l’eau. Les deux sont liés, car lorsque la quantité d’eau disponible diminue, l’eau utilisée va être plus concentrée en matières polluantes, affectant ainsi sa qualité.  Du point de vue des conseils, nous nous adressons à tous les publics.

 

 

Aux citoyens d’abord, via de la sensibilisation pour faire des économies d’eau, mais également sur la préservation de la ressource en termes de qualité.  Notre rôle pour la protection de la ressource en eau est tout d’abord d’informer, d’alerter, de faire prendre conscience.

 

Un sujet peu connu, c’est de faire prendre conscience de ce que l’on appelle ‘l’eau invisible’. mais également sur la préservation de la ressource en termes de qualité. 

 

Comme lorsque l’on achète un jean, il y a X litres d’eau qui ont été consommés pour le produire et l’acheminer dans le magasin. 

Quelles actions concrètes sont mises en avant et comment sont reçues ces recommandations dans les entreprises ? 

 

Du point de vue des industriels, nous incitons les grands consommateurs d’eau à mettre en place des systèmes de recyclage d’eau au sein de leurs usines, avec pour objectif d’être en circuit fermé par exemple. Il y a bien sûr des paramètres qui relèvent de la législation, où les industriels n’auront pas le choix. Mais on observe, au niveau de notre territoire, une vraie adaptation et compréhension des enjeux des décideurs et dirigeants.

 

 

Lorsque la quantité d’eau disponible diminue, l’eau utilisée va être plus concentrée en matières polluantes, affectant ainsi sa qualité

 

Pour le volet agricole, qui inclut l’industrie agro-alimentaire, c’est le plus gros consommateur d’eau, ce n’est pas nouveau, mais la problématique est devenue double.

 

Les agriculteurs sont comme pris en étau, avec à la fois une pression sur la disponibilité de la ressource, notamment dans notre région du Sud-Ouest dû au changement climatique, et en même temps une pression de la demande locale.

Le grand public a pris conscience de l’importance de manger ‘local’, et de se fournir en denrées alimentaires produites localement. Pour les aider, cela fait des années que nous valorisons des adaptations de pratique, des changements de mode de culture et que nous finançons des initiatives vertueuses. C’est tout un paradigme à changer.

 

Je suis convaincue que la prise de conscience est réelle, à tous les niveaux, chez tous les acteurs. Mais ce sont les mesures et les leviers financiers mis en place par les acteurs du territoire qui font avancer les choses.

 

Est-ce qu’il est possible aujourd’hui de faire un statut sur cette ressource en eau, sur sa disponibilité et sa qualité, à l’échelle du territoire que vous administrez ? Quelle est la situation actuelle ?

 

La ressource en eau est en train de se raréfier, ça ne fait aucun doute. Sur la gestion quantitative, sans rentrer dans des chiffres qui relèvent du domaine scientifique, nous travaillons plutôt avec des feuilles de route qui utilisent de multiples leviers en fonction de la situation. 

Sur la qualité de l’eau, nous publions régulièrement des chiffres et le dernier état des lieux date de 2019. 51% des masses d’eau du bassin de notre territoire sont considérées comme ‘de bonne qualité’. Nous avons des objectifs d’atteindre 70% dans 6 ans, et de nombreuses mesures, programmes et aides que nous créons vont dans ce sens.

 

Propos recueillis par Grégoire ANTOINE TBS Education 2005

Auteur

Grégoire ANTOINE (TBS Education 2005)

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