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25 février 2019

Toujours plus d'innovation avec Jérémie Blache (TBS 2015) et ses colorants écologiques !

Nous avons contacté Jérémie Blache; un ancien de TBS promo 2015 pour qu'il nous parle de son parcours au sein de l'école mais surtout de sa jeune entreprise PILI.

Il a donc accepté de répondre à quelques unes de nos questions : 

 

  • Tout d’abord, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

J’aime la musique, le jazz et le funk en particulier. J'ai pratiqué la guitare en amateur et le cor d'harmonie au conservatoire d’Aix en Provence où j’ai grandi. J’ai eu la chance de beaucoup voyager, en Asie, en Afrique, en Amérique du Sud et du Nord, en Europe. PILI a été fondé avec mes associés en 2015, à la fin du master en finance d'entreprise de TBS. PILI compte maintenant 15 salariés et a investi plus de 2,5 millions d'euros dans le développement de colorants plus propres pour l'industrie textile.

  

  • Pourriez-vous nous parler de votre parcours a TBS ?

Intégré de justesse à TBS, j'ai eu l’opportunité d'être président de liste BDA (bureau des arts) en première année. Cette expérience m'a énormément appris et m’a beaucoup servi dans mes projets. Après un stage en marketing musical qui ne répondait pas aux valeurs que je souhaitais défendre, je me suis spécialisé en finance d'entreprise afin d'acquérir des compétences techniques en gestion d’organisation. Durant le master, j'ai réalisé une mission JE (Junior Entreprise) qui m'a appris à faire un business plan et permis - avec l'aide précieuse d'un camarade de promo - de décrocher un stage en banque d'investissement, d'abord en analyse sectorielle (équivalent à du M&A) puis en marché primaire action (ECM) où sont réalisées les introductions en bourse. Après cette césure d’un an, j’ai fini mon master 2 sur le campus de Barcelone. Durant cette période, j’ai commencé à travailler à la création de PILI. A la fin du master, j’ai négocié avec l’école - grâce à l’appui de mon professeur de finance - l’opportunité de réaliser mon stage de fin d’étude en création d’entreprise.

 

  • Qu’est-ce qui vous a poussé à vous lancer dans ce projet ?

La volonté de faire quelque chose d’utile pour la société et de stimulant pour moi m’a poussé à chercher un projet et des associés en qui je croyais. Recevoir un prix de création d’entreprise m’a poussé à me lancer à plein temps dans PILI. Être soutenu moralement et financièrement par mes parents au début de l’aventure m’a permis de le faire. J’encourage vivement la création d’une bourse pour l’entrepreneuriat social et environnemental car tous les jeunes qui souhaitent entreprendre n’ont pas la chance d‘avoir des proches qui peuvent les soutenir en démarrage de projet.

 

Pour le Projet

  •  Pourriez-vous nous présenter votre projet ?

PILI développe depuis 2015 les premières usines cellulaires de la couleur. Pourquoi ? Parce qu’il faut 100kg de pétrole pour faire 1kg de colorant textile. Ce qui implique qu’il faut entre 1 et 2 kg de pétrole pour teinter les vêtements que nous portons chaque jour.

Jusqu'ici, les humains avaient fait des couleurs avec des végétaux, des animaux, des minéraux et même des ressources fossiles comme le pétrole dont découle aujourd'hui la majorité des colorants : bilan catastrophique en terme énergétique et très polluant pour les écosystèmes. Le vivant au contraire n’a pas besoin de pétrole pour fabriquer efficacement de la couleur. En la matière, les plus doués sont les micro-organismes et c’est avec eux que PILI développe une nouvelle génération de colorants écologiques pour endiguer définitivement l’ère des colorants pétrochimiques. Les micro organismes transforment la matière de façon propre et efficace grâce à leurs enzymes. C’est la fermentation qui permet aux micro-organismes de déconstruire des matières végétales renouvelables comme le sucre ou le bois pour les reconstruire en colorants. Ce procédé, au cœur de la révolution des biotechnologies, est paradoxalement assez ancien : nos ancêtres, les égyptiens par exemple, utilisaient déjà la fermentation pour fabriquer la bière. À l’orée du XXIème siècle, PILI s’appuie sur la biologie, la chimie et le design pour transposer le savoir-faire ancestral de la fermentation à la biologie moderne pour brasser de la couleur à une échelle industrielle. Avec un bilan énergétique moindre, puisque les enzymes de ces micro-organismes opèrent à température ambiante, sans solvants toxiques, le tout nécessitant beaucoup moins d’eau et d’énergie que la pétrochimie.

 

  • Quand et comment est né ce projet ?

J’ai rencontré mes associés en 2013 au début de ma césure en banque d’investissement, un peu par hasard. Ils montaient un laboratoire communautaire de biologie - aussi appelé biohackerspace - dans un bâtiment désaffecté de la SNCF au sud de Paris à Vitry sur Seine. Un des projets développés dans ce tiers lieux était un atelier pédagogique pour expliquer comment produire soi-même son encre grâce à des bactéries. En 2014, neuf mois après notre première rencontre, nous avons décidé de pousser ce projet qui avait beaucoup plus au public des ateliers pour faire de cette démonstration manifeste une réalité industrielle. En décembre 2014, nous avons été lauréat du concours de création d’entreprise Génopole et je me suis lancé à plein temps sur le projet en janvier 2015. La société a été créée en mai 2015 lorsque nous avons obtenu nos premiers financements venant d’un accélérateur de startup en Irlande et d’une aide publique BPI France.

 

  • Quelle est la valeur ajoutée de votre projet ?

Nous remplaçons des procédés polluants basés sur la transformation de ressources fossiles par des procédés propres basés sur la transformation de ressources renouvelables. Les produits proposés ont pour vocation d’avoir les mêmes performances et les mêmes prix que leurs équivalents pétro-sourcés actuels. Notre procédé une fois optimisé et déployé à l’échelle industrielle permettra de réduire par dix l’impact environnemental de la production de colorants.

 

  • Quelle est l’actualité de ce projet ?

Nous avons clôturé l’année dernière une première levée de fonds de 900,000 euros et été lauréats du Concours Mondial d’Innovation de BPI France. Cette année nous sommes exposés au Centre Pompidou à Paris dans le cadre de l’exposition « La Fabrique du Vivant » et au Pavillon français de la Triennale di Milano dans le cadre de l’exposition « Broken Nature ». C’est une chance de pouvoir communiquer auprès du grand public sur les innovations passionnantes offertes par les biotechnologies !

 

  • Et son avenir ?

Nous travaillons pour construire des partenariats industriels d’envergure internationale car l’enjeu autour des couleurs est mondial pour offrir au secteur textile des solutions de teinture plus durables.

https://www.pili.bio/

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